Souvenirs en vrac

 

Je me souviens … ma scolarité à Château-du-Loir

 

En juillet 1899, Gabriel Hurteloup légua à la ville de Château-du-Loir une maison avenue de la gare, à charge pour elle d’y installer un musée bibliothèque. C’est ce qu’elle fit et certains d’entre nous se souviennent l’avoir fréquenté. Le musée a disparu, mais la bibliothèque existe toujours dans un autre local.

Pour fêter le centenaire de celle-ci, Guillaume Bourgeois, son responsable, eut l’idée, en association avec Anne-Marie Gillet, de recueillir les souvenirs d’habitants de Château et des environs. Cette moisson de courtes anecdotes donna naissance à un livre publié aux Éditions Cénomane.

Voici quelques unes de ces anecdotes ayant un rapport avec la scolarité dans les établissements castéloriens.

 

Je me souviens de la salle d'asile, l'école maternelle en fait. Pour y aller, je mettais une pèlerine noire à capuchon qui m’arrivait jusqu’aux pieds. Dans le fond de la salle, il y avait des gradins sur lesquels nous dormions. Pierre Jusseaume

 

L'ancienne école maternelle ou salle d'asile
L'ancienne école maternelle ou salle d'asile

 

Je me souviens de l’école primaire supérieure où j’étais interne, de M. Barré, le directeur qu’on appelait, je ne sais pourquoi, « Pied de chose » et qui élevait des cochons à côté de l’école. Jean Blot

Je me souviens de l’incendie qui avait ravagé le collège avant la guerre. Je me souviens aussi des fournitures gratuites données par la commune. Pierre Eprond

Je me souviens de l’école de filles occupée par les Allemands. Pendant ce temps, nous avions classe dans des baraquements près de la gare. Après, nous avons déménagé dans d’autres baraquements rue Jean-Baptiste-Noury.   Suzanne Ramaugé

Je me souviens que j’étais en 4e  quand le collège est devenu mixte. Cela fit beaucoup jaser. Certains disaient qu’il faudrait bientôt construire une maternité. Bernadette Julliot

Je me souviens que l’hiver, comme il n’y avait pas de gymnase au collège, nous restions en classe. M. Félicier nous avait appris à jouer au bridge et nous jouions ainsi aux cartes pendant les heures de sport. Lionel Royer

 

René Félicier dit "Tatane"
René Félicier dit "Tatane"

 

Je me souviens d’un appariteur du lycée particulièrement zélé. Il savait tout faire, nettoyer le laboratoire, empailler les animaux … Mais il cirait aussi les salles de classe et il nous fallait utiliser les patins. Cécile Blondet

Je me souviens du lait qu’on nous distribuait à l’école. J’en ai été à jamais dégoûté. François Ougen

Je me souviens de l’école des filles, bien distincte du collège des garçons. Comme je faisais du théâtre, j’avais –ô privilège !- le droit d’aller répéter dans la cour des garçons. Huguette Ferru

Je me souviens l’école primaire. Filles et garçons avaient chacun leur cour et la grosse honte pour les garçons, était de faire le tour de la cour des filles lorsqu’ils étaient punis. Brigitte

Je me souviens du lycée Racan. J’étais content d’être au lycée parce qu’il y avait des filles et plus de sport qu’à l’école primaire. Jean-Claude Milcent

Je me souviens que l’école finissait fin juillet. Mais il faut dire qu’entre le 14 juillet et les vacances, on ne faisait pas grand chose : on herborisait sur les chemins vers Luceau et Beaumont. Pierre Jusseaume

Je me souviens de tous les petits travaux dont ma mère me chargeait, le soir, quand je voulais faire mes devoirs. “T’as été à l’école toute la journée, ça suffit bien !” Madeleine Chevé

(Mme Chevé  enseigna jusqu’à 90 ans le piano et le violon à de très très nombreux petits castéloriens ; mais aussi aux élèves de l’E.P.S.de filles puis du collège)

 

Mme Chevé pendant un cours de musique
Mme Chevé pendant un cours de musique

 

Je me souviens d’un petit camarade de classe qui avait fait rire tout le monde. Le maître avait demandé à quoi servait le blé dur et il avait répondu “à faire du pain rassis”. Monique Schmidt

Je me souviens qu’en 1958, pendant la coupe du monde, les matchs de foot avaient lieu pendant que nous étions en étude. Aussi, à tour de rôle, nous demandions à aller aux toilettes et en profitions pour faire un détour par le foyer où l’on pouvait écouter la radio. A son retour, chacun informait ses camarades et nous pouvions ainsi suivre le match.  Lionel Royer

 

 

Voici d'autres souvenirs évoqués dans certains numéros de notre bulletin de liaison.

 

Nous venions de rentrer dans notre nouveau lycée (1960 peut-être), la vie à l’internat était “dure” (enfin !), un soir, vers 21h, grosse agitation dans les lavabos, bagarre à la flotte, 2 à 3 cm d’eau (on aurait presque pu nager !). Voilà l’intendant de l’époque dont j’ai oublié le nom (un breton qui avait un penchant pour la bouteille !) qui s'approche et s’écrie : “Arrêtez tout de suite cette bataille de polochons !!!” Régis Cinetti

 

Pendant la petite décennie passée au collège puis au lycée, j’ai eu comme beaucoup d’entre vous l’occasion de “subir” quelques professeurs qu’il est difficile d’oublier ; il  en est trois qui me reviennent en mémoire plus particulièrement :

Melle Auboin, une prof de maths, toujours en blouse blanche, que les garçons découvrirent quand le collège devint mixte. Elle était redoutée car très exigeante et ne supportait pas les petits bruits qui pouvaient “agrémenter “son cours, comme celui des stylos à bille rétractables de l’époque ; tout élève pris à “jouer“ avec  un tel stylo se voyait infligé une punition qui consistait à copier un assez grand nombre de fois un théorème. Il était pratiquement impossible d’y échapper, car elle notait tout sur un cahier et doublait la punition en cas d’oubli.

M. Dumont (dit Gégène) qui, vêtu d’une grande blouse grise rarement nette, essayait de nous enseigner les sciences naturelles. Nous le trouvions plutôt sympa car il “fermait les yeux “ lors des devoirs et nous pouvions “bidocher” tant que nous voulions. D’autre part, il était facile de le “brancher” sur un sujet qui nous passionnait plus que celui qu’il devait nous traiter. Il faisait son cours un mégot à la bouche et aimait se pencher au-dessus de l’épaule des filles. Je me souviens qu’un matin, Jean-Claude Marc  apporta un chat mort trouvé dans le caniveau, le cours fut donc consacré à la dissection de l’animal par ceux que cela intéressait et qui avaient le cœur le mieux “accroché”.

M. Conquet qui enseigna la physique et la chimie pendant une quarantaine d’années de l’E.P.S. de garçons au Lycée et qui vit passer une multitude d’élèves (ses petits agneaux) dans sa salle de cours avec un amphithéâtre en bois sous lequel certains élèves se glissaient parfois pendant un cours pour fumer une cigarette (en particulier pendant les expériences fumantes et odorantes), ou faire autre chose. Lionel Royer

 

M. Conquet dans son labo
M. Conquet dans son labo