Honorat de Bueil seigneur de Racan

Le poète qui donna son nom au lycée

Portrait du poète
Portrait du poète

 

    Honorat de Bueil, plus connu sous le nom de Racan est né en 1589 au manoir de Champmarin sur la commune d’Aubigné-Racan ; mais seulement quelques jours après sa naissance, il fut transporté sur ordre de son père, Louis de Bueil, en son château de la Roche-au-Majeur, à Saint Paterne considéré comme plus sûr en cette période troublée par la Ligue. Orphelin de bonne heure, il fut élevé à Paris par le duc de Bellegarde, son cousin par alliance. C'est dans cette famille parisienne qu'il fit la connaissance de Malherbe dont l'amitié devint rapidement incassable.    

Le manoir de Champmarin à Aubigné-Racan
Le manoir de Champmarin à Aubigné-Racan

 

    Tout comme Rousseau, Racan n'avait aucune qualité nécessaire pour une vie de cour, où il entra comme page de la chambre du roi. Mal fait de corps et ne brillant pas dans les conversations, il fut rapidement renvoyé. Ne pouvant faire carrière militaire, il se lança dans la poésie, sous la direction de Malherbe.

     Si être poète, c’est être maladroit et distrait, dans ce cas, Racan était poète plus qu'aucun autre. Ses bourdes devinrent rapidement proverbiales, et il finit par faire parade de sa stupidité. Malgré tout, en 1656, il écrit une lettre qui est un chef d’œuvre de bonhomie et de littérature narquoise. Il était nonchalant dans son travail : il mit deux ans à faire une ode pour Jean-Louis Guez, seigneur de Balzac, promise dans les quinze jours. Malgré tout, il finit par trouver son double, dans une héritière tourangelle laide certes mais riche !

    Derrière des apparences défavorables, il était certainement, de tous les écoliers de Malherbe, celui qui possédait le plus de dons naturels. Vers 1618, il écrivit son chef d’œuvre, ses Stances sur la retraite : le besoin de solitude morale et physique de l'auteur est une des dominantes du texte…

 

Le château de la Roche-Racan, à St Paterne-Racan, construit par le poète
Le château de la Roche-Racan, à St Paterne-Racan, construit par le poète

 

     Racan fut toute sa vie accablé de procès de par son assiduité à faire fructifier ses possessions. Très exigeant, Racan pensa brûler ses vers et il ne les publia qu'avec circonspection longtemps après les avoir écrits. Il mourut à Paris le 21 janvier 1670, et ses restes furent inhumés dans la crypte de l'église de Neuvy-le-Roi auprès de ceux de ses ancêtres, membres de l'illustre famille des de Bueil.

 

La statue représentée ci-dessus a été récemment installée devant l’Hôtel de Ville de Saint-Paterne Racan, son réalisateur s’est inspiré d’une œuvre du sculpteur tourangeau François Sicard qui est installée au Jardin des Prébendes de Tours.

 

DEPUIS QUAND LE LYCÉE PORTE-T-IL

LE NOM DU POÈTE RACAN ?

 

Cette question fut posée une première fois dans le numéro 14 (décembre 2000) de notre bulletin, puis à nouveau dans celui de décembre 2002 ; mais elle  ne fut suivie d'aucune réponse précise (nous avions seulement réussi à dater cet événement approximativement en 1969 ou 1970.

Nous avons maintenant la réponse exacte grâce à Jean Maux qui, le jour des "Portes ouvertes" de mars 2004, en vint à poser cette question en présence de Melle Caugnon, l'intendante du lycée. Celle-ci nous fit savoir, quelques jours après, qu'elle avait retrouvé l'extrait du Conseil d'Administration dans lequel il en était fait état.

On peut y lire :

4)  Dénomination du lycée

Monsieur le Préfet a autorisé le Conseil Municipal de Château-du-Loir à dénommer RACAN notre lycée (Arrêté du 24 mars 1970).

Le Conseil Municipal du vendredi 24 avril a pu prendre cette décision. Nous prévoirons une fête de fin d'année ayant quelque solennité pour fêter ce baptême.

 

Le Proviseur, Guy Plettener